Revalorisation des enseignants : jusqu’à quand le ministre va se moquer des enseignants ?

samedi 28 novembre 2020

Le commandant du navire a t-il toujours ses marins à bord ?
Après que les professeurs aient subit de plein fouet la tragédie de l’assassinat de Samuel Patty,
Après que les professeurs aient manifesté leur colère contre une réforme des lycées dont on voit aujourd’hui le gâchis des futures générations avec le flop de l’organisation du contrôle continu, une répartition chaotique entre spécialités, des nouveaux programmes trop lourds ,dans toutes les matières et pour toutes les classes de secondes et de premières.Toutes filières confondues. La réforme concerne à la fois les bacs professionnels, les bacs généraux et technologiques. Il n’y a plus de filières (S, ES, L…) et à la place, les élèves ont des enseignements de spécialité, qu’ils sont censés avoir choisis librement. Tout ça pour coller à l’agenda politique de M. Blanquer et appliquer le nouveau Bac en 2021.

La crise sanitaire du Covid19 qui vient par dessus tout cela mettre encore plus de confusions , de difficultés...

Les enseignants n’en peuvent plus.

S’obstiner à tout prix va conduire tous les enseignants à sombrer soit dans la déprime, soit en maladie ou à nouveau dans la rue.

Du coup, on peut se demander si la volonté de Jean-Michel Blanquer de maintenir le calendrier de son Grenelle de l’éducation, dont le coup d’envoi a été donné le 22 octobre au Conseil économique, social et environnemental (Cese), relève du courage salutaire ou de l’obstination insensée.

En effet, depuis décembre 2019, ce sont les enseignants qui avaient le plus à perdre lors de la réforme des retraites. Il s ont été massivement dans la rue pour protester et le dénoncer.
Rue de Grenelle, le ministre s’est alors demandé si pour compenser les pertes de revenu indéniables dues à la réforme, il fallait pas promettre une grande revalorisation des salaires des enseignants, dont le gel du point d’indice depuis dix ans a fait sombrer le pouvoir d’achat.
Pour le ministre, dès décembre 2019, il s’agit de « mettre à plat tout ce qui est fait par les professeurs ». Temps de travail, formation, gestion des carrières, mobilité, tâches… au Cese, le ministre a précisé d’entrée que « tout ne se résume pas à la revalorisation ».

Et cela a été l’occasion de proposer une série de primes :
La prime pour l’acquisition de matériel (150 euros pour l’achat d’un ordinateur, une imprimante...M. Blanquer donnez nous votre adresse pour un cout si bon marché ?)

Il faut savoir qu’une prime n’est pas un salaire, dans la mesure où les primes ne sont pas soumises à cotisations sociales -donc ne rentrent pas non plus dans le calcul de la retraite.

Il a donc défini trois « piliers » pour le Grenelle : la reconnaissance, la coopération et l’ouverture. Chacun donnera lieu à des ateliers thématiques, chapeautés soit par des « people », comme l’ancien rugbyman Pascal Papé ou l’écrivain Daniel Pennac (qui a eu l’honnêteté de se déclarer « incompétent »… tout en acceptant la tâche), soit par des universitaires et des cadres de la Rue de Grenelle proches du ministre.

En ce qui concerne « l’ouverture », le ministre propose d’ouvrir ses écoles au recrutement de managers, ce qui est déjà le cas dans l’enseignement privé et on voit bien les dégâts que cela produit : entre le fait que l’école n’est pas une entreprise et faire des économes de bouts de chandelles...

Pour la « coopération », le ministre parle de « l’esprit d’équipe » et la nécessité de « créer des collectifs de travail ». Alors qu’il s’attelle à les faire exploser quand ils existent et fonctionnent, par exemple en voulant donner aux directeurs d’école un pouvoir hiérarchique sur leurs pairs, ou avec sa réforme du lycée, qui a rendu impossible le travail des équipes pédagogiques, attachées à des groupes de classes qui n’existent plus.

Enfin, quant à la « reconnaissance », la revalorisation dont parle le ministre, on cherche toujours...il compte augmenter les enseignants jusqu’au 7e échelon :mais que lui ont fait les professeurs les plus expérimentés pour ne pas accéder eux aussi à une revalorisation.
Lorsqu’il évoque le chiffre de 400 millions pour 2021 avec une programmation pluriannuelle, en fait, nous avons eu sur la table des propositions de « primettes » qui visent les débuts de carrière.

Le Café pédagogique n’est pas dupe non plus et a écrit il y a deux jours : « La Cgt Education quitte cet ensemble d’ateliers. Elle ne souhaite pas cautionner des décisions »lourdes de menaces sur les statuts et les conditions de travail des personnels« . La Cgt Education et aussi la Fsu, qui reste pour le moment, décrivent des ateliers composés par le ministère de personnalités ignorant tout de l’Ecole. Des échanges décalés avec la réalité de l’école. Ou alors très directement dictés par les documents ministériels. Entre show et manipulation, le Grenelle s’avère tout sauf un lieu de négociation entre partenaires sociaux. Il s’agit plutôt de justifier une éventuelle évolution du métier d’enseignant dans le sens voulu par JM Blanquer. Du moins si le ministère arrive à la financer. Car le pompon c’est que cela ne servira peut-être à rien... » fjarraud , le jeudi 26 novembre 2020.

Le SUNDEP Solidaires dénonce ce mépris et c’est dans la rue que nous allons montrer quelles sont notre colère et nos revendications. Et ce n’est pas ce coup de bluff au travers d’un Grenelle dénué de sens que le ministre va nous faire avaler des couleuvres.


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